Le President du FIDA a Lance un Appel en Faveur dune Aide plus Incisive et Ciblee pour le Pays Pauvres du Monde

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Le President du FIDA a Lance un Appel en Faveur d'une Aide plus Incisive et Ciblee pour le Pays Pauvres du Monde

Communiqué nº: IFAD 13/02

Rome, le 19 février 2002 – M. Lennart Båge, président du Fonds International de développement Agricole ( FIDA) a lancé mardi un appel pour mobiliser davantage de ressources ciblées afin de lutter contre la pauvreté rurale et d’atteindre les objectifs de développement fixés lors du sommet du Millénaire.

Intervenant dans le cadre de la 25 ème session du Conseil des Gouverneurs, le président a évoqué la croissante prise de conscience du fait que «la pauvreté chronique est une source de pauvreté et qu’elle engendre le désespoir».

Malgré l’engagement pris en septembre 2000 par les dirigeants du monde entier de réduire de moitié d’ici 2015 la proportion de l’humanité qui vit dans l’extrême pauvreté, le nombre des plus pauvres parmi les pauvres est en train d’augmenter. Aujourd’hui, plus d’un milliard deux cent millions d’êtres humains vivent encore dans un état de dénuement extrême, avec un revenu inférieur à un dollar par jour.

Malgré l’engagement international pris pour combattre la pauvreté, les aides à la pauvreté font état d’une baisse alarmante. Les pays de l’organisation pour la Coopération économique et le Développement ( OCSE) n’ont donné en moyenne que 0,22 % de leur revenu national brut de l’an 2000, ce qui correspond à un chiffre inférieur à l’objectif de 0, 7 % fixé par la communauté internationale en 1970.

D’après un rapport préparé pour la dernière session du Comité du développement de la Banque mondiale et du fonds monétaire international, il faudrait mobiliser un volume additionnel de l’aide publique au développement de 54 milliards de USD, soit le double du niveau actuel.
Jusqu’à présent, on s’est toutefois beaucoup moins préoccupé de la façon dont ces ressources pourraient être canalisées pour avoir un véritable impact sur la pauvreté.

«Les ressources destinées à combattre la pauvreté doivent être mieux canalisées pour pouvoir arriver aux gens qui en ont vraiment besoin» a souligné le président.

«La coopération internationale destinée au développement doit progressivement se concentrer sur les lieux où se trouvent les pauvres – les aires rurales- et les sources de leurs moyens de survie – l’agriculture et les activités annexes» a continué le président Båge.

Les trois quarts des personnes extrêmement pauvres vivant dans les aires rurales résident dans des territoires souvent isolés, où l’accès à l’eau, aux marchés, et aux financements est insuffisant. Tous les progrès visant à une amélioration de ce secteur vital ont été, ces dernières années, entravés. Les aides à l’agriculture ont chuté de 20 % de la totalité de l’assistance à la fin des années 80 à un chiffre actuel de 12 %.

M. Lennart Båge a rappelé que l’année qui s’est écoulée dans le monde depuis le dernier Conseil des Gouverneurs a été très turbulente. «Les évènements tragiques du 11 septembre nous ont conduit à une nouvelle reconnaissance de l’importance des processus politico- économiques et de la nécessité de la globalisation pour nous tous».
L’une des conséquences de ces faits dramatiques a été celle d’ empirer la situation économique globale, ce qui a aggravé la vulnérabilité des plus pauvres» a-t-il ajouté.


La Conférence du FIDA se tient exactement un mois avant la Conférence Internationale sur les financements au développement qui se déroulera du 18 au 22 mars prochain à Monterrey, au Mexique.
Cette conférence du FIDA est destinée à transmettre un message fort à la conférence mexicaine sur l’importance de l’agriculture et du développement rural en matière d’éradication de la pauvreté.

Dans son discours, Båge a également annoncé des changements dans la politique d’investissements du FIDA voués à réduire la vulnérabilité de l’organisation aux fluctuations des marchés financiers.

De même, des mesures ont été prises pour mettre au point une nouvelle stratégie d’information et de communication, et rénover la politique des ressources humaines.

Une autre action qui a vu le jour l’an passé concerne la participation du Fonds à l’initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très pauvres très endettés. Le coût à long terme pour le FIDA de cette initiative dépasse maintenant largement 400 millions de USD, et jusqu’à l’année dernière, le FIDA n’avait reçu qu’une seule contribution, celle des Pays-Bas, pour aider à le financer.


Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies dont le mandat spécifique est de lutter contre la faim et la pauvreté dans les régions les plus défavorisées du monde. Depuis 1978, le FIDA a financé 603projets dans 115pays ainsi qu'en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, allouant près de 7,3milliards de USD au titre de prêts et de dons. Grâce à ces projets, près de 250millions de ruraux ont eu une possibilité de se libérer de la pauvreté. Le FIDA met la plus grande partie de ses ressources à la disposition des pays à faible revenu, à des conditions particulièrement favorables – à savoir, un délai de remboursement allant jusqu’à 40ans avec un différé d'amortissement de dix ans et une commission de service de 0,75% l'an.