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Promouvoir l’autonomisation économique des femmes en Afrique de l’Ouest et du Centre

05 mars 2021
©FIDA/Andrew Esiebo/Panos

Un nombre exponentiel de rapports viennent confirmer ce que bien des professionnels du développement avaient déjà pu constater à propos des répercussions de la pandémie de COVID-19: les femmes et les filles sont plus vulnérables face aux conséquences sanitaires et socioéconomiques négatives de la crise. Les études montrent que la pandémie de COVID-19 accroît le risque de violence à l’égard des femmes et des filles, amoindrit la sécurité économique des femmes et alourdit le fardeau du travail domestique non rémunéré.

En Afrique de l’Ouest et du Centre, les femmes sont particulièrement vulnérables, car elles connaissent souvent des conditions de vie difficiles, qui se reflètent dans les faibles résultats des indicateurs sanitaires, économiques et de capital humain. Si de nombreux pays de la région ont enregistré, au cours des 15 dernières années, des progrès considérables au chapitre de la participation et des possibilités économiques des femmes, selon le Rapport sur la parité entre les hommes et les femmes dans le monde, publié par le Forum économique mondial, la pandémie de COVID-19 menace d’entraîner un retour en arrière. Les politiques publiques en réponses à la crise peuvent compenser un grand nombre de ces effets, mais uniquement si elles prennent en compte les difficultés supplémentaires qui pèsent sur les femmes.

L’outil global de suivi sur les questions de genre et la COVID-19, mis au point par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), présente les mesures prises par les pouvoirs publics du monde entier face à la crise. L’outil classe les politiques mises en œuvre en quatre grandes catégories: la protection sociale, le marché du travail, la parité budgétaire et économique, et les violences faites aux femmes. Si de nombreux pays ont déployé d’importants efforts pour mettre en place des politiques d’aide face à la COVID-19 qui tiennent compte des questions de genre, l’outil montre malheureusement que certaines mesures n’intègrent pas cette dimension.

Par exemple, la République démocratique du Congo est le pays de la région qui présente le plus fort pourcentage de politiques intégrant les questions de genre par rapport à l’ensemble des mesures prises en lien avec la COVID-19, tandis que la Côte d’Ivoire et le Nigéria ont adopté le plus grand nombre de politiques, en valeur absolue, ces deux pays ayant chacun mis en place dix nouvelles mesures de protection et d’autonomisation des femmes pendant la crise. 

Pourcentage des politiques publiques en réponse à la COVID-19 tenant compte des questions de genre. La plupart des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont adopté des mesures sanitaires et économiques face à la COVID-19, mais toutes ne tiennent pas compte des questions de genre. Source: Tableau de bord sur la vulnérabilité des femmes

 

Dans de nombreux pays, les mesures adoptées ont largement contribué à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. Néanmoins, les femmes rurales demeurent exposées aux risques d’insécurité alimentaire et de malnutrition, de sous-emploi et d’accroissement des violences fondées sur le genre.

En tant qu’institution financière de premier plan dans les zones rurales des pays en développement, le FIDA œuvre directement pour réduire les conséquences sanitaires et socioéconomiques de la crise liée à la COVID-19, qui touchent de façon disproportionnée les femmes rurales, et pour s’assurer que les ressources mises à disposition profitent aux populations les plus vulnérables. Conformément à sa Politique concernant l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, le FIDA cherche à promouvoir l’autonomisation économique des femmes, en favorisant leur participation aux activités des programmes du Fonds, en appuyant les initiatives visant à réduire leur charge de travail et en faisant en sorte qu’elles aient les mêmes chances que les hommes de faire entendre leur point de vue dans les processus décisionnels et les instances dirigeantes.

Trois pays enregistrant un faible niveau de bien-être féminin (d’après les données de Data2X) bénéficient de projets financés par le FIDA qui proposent des approches visant à transformer la dynamique femmes-hommes. Les interventions menées au titre de ces projets visent à:

  • créer des occasions de remettre en question et de faire évoluer les normes de genre;
  • promouvoir l’accès des femmes à des postes d’influence sociale et politique;
  • lutter contre les inégalités de pouvoir entre les femmes et les hommes.

Ces projets ont le potentiel d’aider les femmes rurales d’Afrique de l’Ouest et du Centre à parvenir à l’autonomie financière, à avoir voix au chapitre sur un pied d’égalité avec les hommes et à partager plus équitablement avec ces deniers les charges de travail.

Le Projet de renforcement de la productivité et de laccès aux marchés des produits agropastoraux dans les savanes (PRAPAM) en République centrafricaine

Dans le cadre du PRAPAM sera mis en œuvre un système d’apprentissage innovant, le Système d’apprentissage interactif entre les sexes (ou GALS, son acronyme anglais). Il s’agit de l’approche axée sur les ménages la plus utilisée par le FIDA, qui promeut l’évolution de la dynamique femmes-hommes dans les familles et vise à améliorer les relations femmes-hommes au sein des ménages. La méthode GALS est directement liée aux objectifs du PRAPAM, qui visent à favoriser l’autonomisation économique des femmes, à améliorer leur bien-être en allégeant leur charge de travail et à renforcer leur participation aux prises de décision. Par sa mission visant à transformer les rapports femmes-hommes, le PRAPAM met particulièrement l’accent sur les femmes qui vont être plus lourdement touchées par les conséquences de la pandémie en raison de l’augmentation de la charge des tâches ménagères, de la perte de l’aide dont elles pouvaient bénéficier dans ce domaine, de la fermeture des écoles et de l’accroissement des soins médicaux et d’accompagnement.

Le Projet de renforcement de la résilience des communautés rurales face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle (PRECIS) au Niger

Le PRECIS prévoit une stratégie de ciblage tenant précisément compte des questions de genre et d’inclusion, afin que les femmes participent aux activités clés du projet, à savoir celles liées au renforcement des capacités techniques, à l’entrepreneuriat et au développement du leadership. Le projet cherchera notamment à réduire les barrières socioculturelles qui entravent l’accès des femmes à la terre et aux financements. Alors que la pandémie de COVID-19 menace de saper une bonne partie de la croissance enregistrée ces dernières années, le PRECIS peut contribuer à faire en sorte que l’autonomisation des femmes soient bien pris en compte par les mesures de riposte et de reprise.

Le Projet Multi-énergies pour la résilience et la gestion intégrée des terroirs (MERIT) au Mali

Bien que Mali ait mis en œuvre de façon centralisée des mesures fortes face à la COVID-19, aucune des interventions économiques et sanitaires ne cible directement les femmes. Le MERIT peut y apporter une solution. En effet, il s’attaque directement aux difficultés rencontrées par les femmes en assurant la fourniture aux ménages de kits d’énergie solaire et de fourneaux améliorés, ce qui permet notamment aux femmes de consacrer davantage de temps à d’autres activités productives. Avoir davantage d’énergie disponible pour cuisiner devrait également avoir un effet positif sur la nutrition des femmes et des enfants, avec une augmentation du nombre de repas chauds.

La Douzième reconstitution des ressources du FIDA permettra de renforcer lautonomisation des femmes. En se fixant pour objectif d’accroître à 35%, au cours du prochain cycle, la part de ses projets destinés à transformer la dynamique femmes-hommes, le FIDA continuera de redoubler d’efforts pour promouvoir l’autonomisation des femmes rurales et remédier aux causes profondes des inégalités. Les initiatives menées permettront à l’Afrique de l’Ouest et du Centre et à d’autres régions d’atteindre les objectifs de développement durable. En œuvrant pour que les femmes rurales puissent participer aux activités productives sur un pied d’égalité avec les hommes, le FIDA contribue à renforcer leur résilience et leur aptitude à surmonter les futures crises.