Rapport régional SOFI 2019: Systèmes alimentaires durables et bonnes habitudes nutritionnelles au Proche-Orient et en Afrique du Nord

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Rapport régional SOFI 2019: Systèmes alimentaires durables et bonnes habitudes nutritionnelles au Proche-Orient et en Afrique du Nord

©FIDA/Marco Salustro

L’Aperçu régional de l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition 2019 revient sur l’ambition, portée par le Programme de développement durable à l’horizon 2030, de transformer les systèmes alimentaires des États arabes. Il s’attarde notamment sur la nécessité de repenser ces systèmes pour promouvoir des régimes plus sains et améliorer la nutrition, et examine les principales causes de l’insécurité alimentaire et des mauvais résultats nutritionnels dans la région. Il s’agit du premier rapport régional élaboré conjointement par le Fonds international de développement agricole, l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le Programme alimentaire mondial, l’Organisation mondiale de la Santé et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance.

Dans le monde arabe, 55 millions de personnes (sur un peu moins de 415 millions, soit 13,2%) souffrent encore de la faim. La plupart vivent en milieu rural, où l’on trouve d’importantes poches de pauvreté. Il en résulte que, dans près de la moitié des pays de la région, la prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans est élevée, voire très élevée. La situation est particulièrement alarmante dans les pays en proie à un conflit, notamment en Iraq, en Libye, en Somalie, au Soudan, en République arabe syrienne et au Yémen, où près de 28% de la population ne mange pas à sa faim (contre 5% dans les pays non touchés par un conflit).

Dans cette région, qui affiche la plus grande proportion de jeunes, mais aussi le plus fort taux de chômage des jeunes au monde (26%, alors que la moyenne mondiale s’établit à 12%), les déplacements et la migration économique sont monnaie courante: près de 29 millions de personnes ont été déplacées de force en 2017, et la Jordanie et l'Égypte sont les pays où l’émigration économique est envisagée par le plus grand nombre (80% et 78%, respectivement). En plus des conflits, la production agricole et les moyens d’existence ruraux se heurtent à la pénurie d’eau et aux changements climatiques. Si rien n’est fait, de nombreux pays de la région, et en particulier ceux en proie à un conflit, risquent de ne pas atteindre les cibles associées à l’objectif de développement durable (ODD) no 2.

Transformations à mettre en œuvre pour atteindre les cibles associées aux ODD

En matière de sécurité nutritionnelle, la région des États arabes est touchée par les deux aspects de la malnutrition: la dénutrition et l’obésité. En effet, elle est celle qui, après la région des Amériques, affiche la plus forte prévalence de surpoids (62% des adultes) et d’obésité (27%). En outre, les taux d’obésité chez les enfants comme chez les adultes sont parmi les plus élevés au monde et augmentent rapidement, sachant que l’obésité est liée à un certain nombre de maladies non transmissibles.

Si les conflits sont le premier facteur de la faim dans la région, le régime alimentaire est également associé à des maladies chroniques qui rendent la population locale particulièrement vulnérable à la COVID-19.

Selon le rapport, les mauvais résultats des États arabes en matière de nutrition sont liés au fait que les systèmes alimentaires de ces pays n’accordent pas la priorité voulue à la production d’aliments variés et nutritifs qui soient économiquement intéressants et acceptables sur les plans culturel et social.

Les subventions agricoles et les politiques de sécurité alimentaire tendent à privilégier la production de produits de base caloriques, sans chercher à promouvoir les denrées nutritives. Dans certains pays, elles favorisent par exemple la consommation de pain produit avec une farine très raffinée, au détriment de pains plus sains élaborés à partir de céréales secondaires.

D’après le rapport, il faudra, pour inverser les résultats nutritionnels de la région, que les gouvernements mettent en place des politiques agricoles, sanitaires, commerciales et environnementales ainsi que des politiques de sécurité qui tiennent compte de la problématique femmes-hommes, qui soient adaptées aux aléas climatiques et qui favorisent des régimes alimentaires sains. Moderniser les dispositifs nationaux de contrôle des aliments et rediriger les subventions vers les fruits, les légumes et les autres cultures d’exportation à haute valeur, plutôt que vers les aliments de base comme c’est actuellement le cas, pourraient servir à cet égard.

La région des États arabes a besoin de politiques agricoles qui soient axées sur la santé, et pas uniquement sur la production, et qui privilégient la qualité autant que la quantité des calories produites. Ces nouvelles politiques peuvent nous aider à instaurer non seulement un nouveau système alimentaire, mais aussi un régime alimentaire radicalement différent.

Pour parvenir à éliminer la faim, nous devons prendre des mesures audacieuses afin d'inverser les tendances actuelles en matière de sécurité alimentaire et de nutrition et pour repartir sur de bonnes bases dans le monde de l’après-COVID-19. Le Sommet mondial sur les systèmes alimentaires, qui doit se tenir en 2021, visera à mobiliser les donateurs et la communauté internationale du développement en faveur de la transformation des systèmes alimentaires, le but étant de rendre ces systèmes inclusifs, durables, sains et résilients, conformément aux ODD. Il s’agit là d'une tâche fondamentale, en particulier compte tenu du fait que, d’après un rapport récent dirigé par la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale, les États arabes peinent à mettre en œuvre le Programme 2030.

 

Lire l’Aperçu régional de l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition au Proche-Orient et en Afrique du Nord 2019 (en anglais uniquement)