Remittances to the Asia- Pacific region reach US$ 256 billion helping millions of families to build a better future

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Le montant des envois de fonds vers la région Asie et Pacifique s'élève à 256 milliards d’USD, permettant à des millions de familles de se construire un avenir meilleur.

Kuala Lumpur, le 7 mai 2018 - L'année dernière, les travailleurs migrants ont envoyé 256 milliards d’USD à leurs familles dans la région Asie et Pacifique, si l'on en croit le rapport "RemitSCOPE – Remittance markets and opportunities – Asia and the Pacific" et un nouveau portail internet sur les envois de fonds que le Fonds international de développement agricole (FIDA) a mis en ligne aujourd’hui. Alors que les envois de fonds profitent à environ 320 millions de membres de ménages résidant dans la région, pour la plupart en milieu rural, les marchés des envois de fonds doivent encore évoluer si l'on veut que les familles puissent pleinement tirer parti de ces flux.

"La promesse d’innovation technologique sur le marché des envois de fonds est susceptible d'entraîner une transformation profonde au profit des centaines de millions de bénéficiaires de ces flux. Mais on l'attend encore", déclare Pedro De Vasconcelos, Spécialiste principal en envois de fonds au FIDA.

De plus, M. De Vasconcelos a souligné que les barrières réglementaires obsolètes imposées tant à l’envoi qu’à la réception de fonds contribuent à gonfler et à rendre moins transparents les coûts des 2 milliards de transactions réalisées chaque année, dont la plupart ne s’élèvent qu’à 200 à 300 USD. De plus, ces barrières rendent plus improbable et plus difficile la conversion des envois de fonds en épargne et en investissement.

Selon le rapport, le coût des transferts d’argent en faveur de la région n’a diminué que de 0,67% depuis 2015, pour s'élever à 6,86% en 2017, soit plus du double du taux de 3% fixé par la communauté internationale dans ses objectifs de développement durable, concernant les couloirs de transfert à fort volume. Lorsque les coûts de transfert sont moins élevés, les familles ont plus d’argent à leur disposition.

Les coûts de transfert varient considérablement d’une région à l’autre. Les taux pratiqués dans les petits États insulaires du Pacifique sont particulièrement élevés, puisqu'ils atteignent 8,9% du montant envoyé. En Asie de l’Est, le taux est de 8,26%, mais il est particulièrement faible entre la Fédération de Russie et l’Asie centrale, à savoir, 1,21%.

Selon le rapport, les transactions espèces-espèces restent de loin la forme de transfert d’argent la plus courante. Ce n'est que récemment que la technologie a commencé à faire évoluer les marchés, avec l'introduction des virements de compte à compte dans le cadre d’opérations numériques. Il y a maintenant plus de 1 million de points de paiement dans la région, ce qui témoigne du développement de la numérisation des transactions.

Toutefois, M. De Vasconcelos précise qu'il ne faut pas en rester là. "Pour favoriser la numérisation des transferts, les organismes de réglementation et les entreprises du secteur privé doivent collaborer afin d’harmoniser les cadres juridiques et réglementaires entre les pays et d'encourager la conception de produits répondant aux besoins des clients", a-t-il déclaré.

Dans la région, les familles consacrent généralement quelque 70% des fonds envoyés à la satisfaction des besoins élémentaires, notamment nourriture, vêtements, soins de santé et éducation. Selon M. De Vasconcelos, les 30% restants, soit 77 milliards d’USD, pourraient être épargnés et investis dans des actifs ou des activités génératrices de revenus, afin d’aider les familles à renforcer leurs moyens d’existence et à construire leur avenir.

"Si vous donnez aux gens la possibilité d’investir, ils le feront, mais pour cela l’accès aux services financiers est essentiel; encore trop de familles, en particulier dans les zones rurales, ne peuvent ni épargner, ni emprunter, ni investir en recourant à des services financiers adaptés", a déclaré M. De Vasconcelos.

L’inclusion financière a progressé depuis 2011, la moitié des adultes de la région disposant désormais d'un compte bancaire (hors pays à revenu élevé), mais cela ne représente pas la réalité de la grande majorité des familles qui reçoivent des envois de fonds, pour lesquelles l’exclusion financière reste prédominante.

Les envois de fonds sont particulièrement utiles dans les zones rurales où la pauvreté est la plus élevée. Selon les estimations, 40% de la valeur totale des envois de fonds effectués dans le monde seraient destinés à des zones rurales. Cependant, dans la région Asie et Pacifique, les fonds envoyés sont destinés de manière disproportionnée à des pays essentiellement ruraux comme le Népal (81%), l’Inde (67%), le Viet Nam (66%), le Bangladesh (65%), le Pakistan (61%) et les Philippines (56%). Les envois de fonds vers les zones rurales sont généralement plus coûteux en raison des dépenses liées à l’installation de points d’accès dans des endroits éloignés.

Principaux chiffres présentés dans le rapport:

  • Les envois de fonds vers la région Asie et Pacifique se sont élevés à 256 milliards d’USD en 2017, soit 53% des flux mondiaux. Ils ont augmenté de 4,87% depuis 2008, et les taux se sont stabilisés ces dernières années.
  • L’Inde (69 milliards d’USD), la Chine (64 milliards d’USD) et les Philippines (33 milliards d’USD) sont les trois principaux pays de destination des envois de fonds. Le Pakistan (20 milliards d’USD) et le Viet Nam (14 milliards d’USD) figurent également parmi les 10 premiers.
  • Environ 70% des fonds envoyés vers l'Asie et le Pacifique proviennent de l’extérieur de la région, en particulier les États du Golfe (32%), l’Amérique du Nord (26%) et l’Europe (12%).
  • Dans la région, le montant des envois de fonds est plus de 10 fois supérieur à celui de l’aide publique au développement.
  • Dans la région, 400 millions de personnes, soit une personne sur 10, sont concernées par les envois de fonds, que ce soit en tant qu’expéditeur ou en tant que destinataire.
  • On s'attend à ce que le montant des fonds envoyés vers les pays en développement d'ici à 2030 atteigne quelque 6 000 milliards d’USD: plus de la moitié de ces flux arriveront dans la région Asie et Pacifique, très souvent dans de petites villes et des villages.
  • De plus en plus, la majorité des migrants (60%) trouve désormais du travail dans la région, car Hong Kong, le Japon, la Malaisie, Singapour, la Corée du Sud et la Thaïlande sont devenus les principaux pays de destination des travailleurs migrants.
  • Le montant des envois de fonds en provenance de la région s’élève à 78 milliards d’USD, et 93% des flux ne sortent pas de la région.

Forum mondial sur les transferts d’argent, l’investissement et le développement

Le rapport "RemitSCOPE" sera présenté au Forum mondial sur les transferts d’argent, l’investissement et le développement – Asie-Pacifique, qui se tiendra à Kuala Lumpur du 8 au 10 mai. Le Forum réunira plus de 300 décideurs politiques, acteurs du secteur privé et dirigeants de la société civile qui se pencheront sur la voie à suivre pour améliorer les envois de fonds.

Site internet RemitSCOPE: Le rapport synthétise les dernières données et analyses relatives aux envois de fonds et aux profils du marché des envois de fonds dans 50 pays, des données disponibles sur le site internet: www.remitscope.org. Ce nouveau site internet a pour ambition d’aider les décideurs et le secteur à transformer les marchés des envois de fonds afin de promouvoir des transactions moins chères, plus rapides et plus sûres, notamment à destination des zones rurales.


PR/32/2018

Le FIDA investit depuis 40 ans dans les populations rurales, en dotant celles-ci des moyens de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer la résilience. Depuis 1978, nous avons octroyé environ 19,7 milliards d’USD sous la forme de prêts à faible taux d’intérêt et de dons en faveur de projets qui ont touché quelque 474 millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et un organisme spécialisé des Nations Unies dont le siège est à Rome, le centre névralgique des Nations Unies pour l'alimentation et l’agriculture.

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Caroline Chaumont

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