Renforcer la résilience des petits exploitants agricoles pour faire à nouveau reculer la faim dans le monde et pour éliminer la pauvreté

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Renforcer la résilience des petits exploitants agricoles pour faire à nouveau reculer la faim dans le monde et pour éliminer la pauvreté

Journée internationale des Nations Unies pour l'élimination de la pauvreté

©FIDA/Olivier Asselin

Aujourd'hui, en cette Journée internationale des Nations Unies pour l'élimination de la pauvreté, je voulais prendre un peu de recul et réfléchir aux progrès que nous avons réalisés collectivement et grâce au travail du FIDA, ainsi qu'aux défis auxquels nous sommes confrontés pour continuer à réduire la pauvreté.

La pauvreté, nous le savons, est un phénomène ayant de nombreuses dimensions: elle ne consiste pas seulement à avoir de faibles revenus ou à manquer de ressources, mais elle a également à voir avec la faim et la malnutrition, un accès limité à l'éducation et aux services de base, avec l'exclusion sociale et la vulnérabilité.

En 2015, année de l'adoption des objectifs de développement durable (ODD), environ 736 millions de personnes vivaient encore avec moins de 1,90 USD par jour, et nombre d'entre elles manquaient de nourriture, d'eau potable saine et de bonnes conditions d’hygiène et de salubrité. De nombreux pays ont, depuis lors, réduit de façon significative la pauvreté monétaire, mais le fait que cela ne se soit pas accompagné d'une réduction de la pauvreté dans ses autres dimensions révèle toute la complexité de la situation. Après une longue diminution, le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde augmente à nouveau constamment depuis 2015, et a retrouvé les niveaux d'il y a sept ans. On estime à 821 millions le nombre actuel de personnes sous-alimentées, chiffre à comparer aux 777 millions de 2015. Cela signifie, hélas, que nous ne sommes pas en bonne voie pour atteindre la cible de l'ODD1 de moins de 3% de la population mondiale vivant en situation d'extrême pauvreté (or une large part vit dans les zones rurales), ni celle de l'ODD2 d’éliminer la pauvreté. Ces deux cibles sont au cœur de la mission du FIDA.

C'est en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne que vivent 80% des personnes en situation d'extrême pauvreté. En outre, le taux de pauvreté des zones rurales est de 17,2%, plus du triple de celui des zones urbaines. À mesure que le temps passe, ces régions sont confrontées à de nouvelles menaces induites par les changements climatiques, les conflits et l'insécurité alimentaire, ce qui signifie qu'il faudra encore plus d'efforts pour contribuer à extraire les personnes de la pauvreté.

Il est donc essentiel de renforcer la résilience et la capacité d'adaptation des petits exploitants agricoles pour faire reculer la faim dans le monde et éliminer la pauvreté. Les investissements ciblés du FIDA et ses compétences peuvent contribuer à la réalisation d'une transformation inclusive et durable du monde rural, et ils y parviennent. Toutefois, les tendances que nous observons signifient que simplement continuer à faire la même chose ne suffira pas si nous voulons nous remettre sur la bonne voie atteindre les ODD1 et ODD2. Ici au FIDA, nous devons d'abord poursuivre et accentuer nos efforts, y compris en mobilisant davantage de ressources, pour éliminer la faim et la pauvreté rurales dans tous les pays, pour faire en sorte que nul ne soit laissé pour compte. Nous devons, deuxièmement, prendre d'autres mesures en complément de nos projets, par exemple en collaborant davantage avec le secteur privé, avec des financements ciblés s’appuyant sur des dons, et en envisageant d'autres mécanismes d’action dans les pays où la pauvreté rurale et l'insécurité alimentaire sont chroniques. Il est aussi nécessaire, troisièmement, de tout faire pour faciliter le développement de systèmes alimentaires durables, nutritifs et inclusifs. 

Ce défi, nous ne pouvons pas le relever seuls. Les partenariats sont essentiels – avec les pouvoirs publics, les États membres, d'autres institutions financières internationales et donateurs, d'autres organismes des Nations Unies, ainsi que des organisations non-étatiques, le secteur privé et, avant tout, nos propres bénéficiaires. Le temps est venu de faire preuve de créativité dans la manière dont nous tirons parti de notre expérience pour dynamiser nos interventions et parvenir à une réduction de la pauvreté qui soit durable et touche toutes ses dimensions.

Notre mission nous tient tous à cœur et il est important, en une journée comme celle-ci, de prendre du recul et reconnaître les progrès, mais aussi de se souvenir de la taille des difficultés, et c'est pourquoi le FIDA doit sans cesse chercher à se dépasser – à intensifier son action et à en faire plus et différemment. Il est inacceptable, en 2019, de vivre dans un monde où la faim s'aggrave et où la pauvreté est encore un immense problème. Il ne nous reste plus que dix années pour atteindre les ODD.