IFAD Asset Request Portlet

Agrégateur de contenus

Statement by Switzerland to the Twenty-Eighth Session of the IFAD Governing Council

Allocution de Monsieur Serge Chapatte
Directeur Général adjoint
Direction du Développement et de la Coopération
Département Fédéral des Affaires Etrangères
Gouverneur du FIDA pour la Suisse

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Nous sommes au début de la 7ème reconstitution du Fonds et devons choisir le Président pour la prochaine période. Nous sommes confrontés à des défis qui marqueront notre institution les prochaines trois années. Ceci demande un plein engagement de notre part. La communauté internationale devrait également faire tous les efforts nécessaires en vue de réduire la pauvreté tout particulièrement en Afrique afin qu'elle puisse atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Dans un certain nombre de pays de ce continent, nous sommes malheureusement loin de ce but et il faudrait des efforts additionnels aussi bien des gouvernements des pays concernés que les donateurs.

Le FIDA a comme mandat de réduire la pauvreté dans le monde rural. Toutefois, dans la mise en œuvre, l'accent sur les pauvres n'est pas toujours visible comme le montre l'évaluation externe indépendante. C'est un point sur lequel le Fonds devra donner des précisions afin de présenter clairement sa spécificité et sa valeur ajoutée. Plus le FIDA sera clair dans sa niche d'intervention et plus il pourra être complémentaire avec les autres agences bi et multilatérales. Dans cette démarche, il s'agira également de préciser le rôle innovant que le FIDA peut et doit jouer dans la mise en œuvre des politiques et dans le renforcement institutionnel et opérationnel.

Avec les efforts croissants consentis par la communauté internationale pour augmenter le volume financier des projets et programmes, les performances peuvent et doivent encore être améliorées aussi bien au niveau de la durabilité que de l'impact. Diverses évaluations récentes ont clairement montré que la moitié des projets soutenus par le Fonds s'arrête une fois le déboursement des fonds terminé. Ce fait nous pose problème et nous demandons à la direction de tout mettre en œuvre en étroite collaboration avec les gouvernements concernés et tous les acteurs impliqués afin de trouver des solutions viables permettant de satisfaire à long terme les besoins des ruraux pauvres.

La durabilité et l'impact pourraient être améliorés – comme proposé par l'évaluation externe indépendante – grâce à un mécanisme visant à assurer la qualité des projets et programmes. Ce dernier serait géré par du personnel de structure et une proportion importante d'experts externes à l'institution. Il aiderait à examiner l'élaboration et les diverses étapes du cycle du projet, telles que la supervision et la revue à mi parcours, qui sont régulièrement soulignés comme des points faibles. Il viserait également à donner plus de responsabilité et d'initiative au personnel opérationnel qui serait tenu pour responsable des résultats grâce au nouveau modèle de gestion du personnel qui est en train de se mettre en place. Les restrictions concernant la supervision directe par le FIDA devraient être à cet effet levées et la décision sur les modalités devrait être laissée à la direction du Fonds.

Grâce à la 6ème reconstitution, le FIDA a lancé un programme pilote de présence sur le terrain que la Suisse a soutenu activement. Nous sommes d'avis, comme d'ailleurs l'évaluation externe indépendante, qu'il faut aller plus loin dan un processus progressif de décentralisation. Les objectifs principaux sont de renforcer les performances des programmes, de faciliter le contact et l'information entre le gouvernement du pays, les bénéficiaires et le Fonds et aussi de contribuer au dialogue sur la politique de développement rural et agricole. C'est au niveau national que se formulent les politiques et stratégies coordonnées de lutte contre la pauvreté. S'il est absent à ce niveau, le FIDA rate l'occasion de transformer son rôle d'avocat des plus pauvres en stratégies efficaces. Un autre objectif non négligeable est de faciliter l'harmonisation et la coordination du soutien du FIDA avec le gouvernement du pays et les autres donateurs aussi bien bi que multilatéraux dont la plupart ont déjà décentralisé leur structure d'appui. Dans le dispositif à bas coûts qui vient d'être mis en place, le Fonds devrait placer un certain nombre de directeurs de programme dans des pays où existe une masse critique de projets ou programmes soutenus par le Fonds ou dans des pays avec un programme fortement innovant ou un environnement particulièrement difficile se trouvant par exemple dans une situation de post conflit. La Suisse s'engagera dans cet esprit tout au long des prochaines réunions de la 7ème reconstitution.

De nombreux pays à faible revenu sont conscients de leur insuffisance en capacités humaines et professionnelles. Le FIDA a fait des efforts importants ces dernières années offrant des séminaires sur une grande variété de thèmes, mais malheureusement souvent avec des résultats peu visibles et peu d'impact. Une raison est que les participants aux séminaires ont souvent été peu motivés par l'acquisition de nouvelles connaissances. A notre avis, il s'agit de concentrer la formation directement sur les activités et d'assurer qu'elle contribue à améliorer la performance des projets et programmes en cours. Ici aussi, une réflexion approfondie du FIDA avec les gouvernements concernés et tous les acteurs impliqués s'impose afin d'aboutir à des résultats tangible auprès des pauvres dans les campagnes en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Comme recommandé par l'évaluation externe indépendante, nous soutenons la mise en place d'un nouveau plan de gestion de l'ensemble des activités du Fonds. Ce plan de gestion dépasse de loin les plans d'action établis par les deux dernières reconstitutions qui n'impliquaient que les objectifs fixés par ces deux dernières. L'objectif premier est de décharger le Président qui devrait s'occuper avant tout de l'orientation au niveau de la vision, de la stratégie et de la politique du Fonds tandis que le plan de gestion serait piloté par une sorte de chef exécutif pouvant venir de l'intérieur ou de l'extérieur du Fonds.

Notre Institution n'est souvent pas bien connue aussi bien par les autres agences de développement que même par des pays qu'elle soutient depuis de nombreuses années. Pour remédier à cela, il conviendrait, à notre avis, d'améliorer la diffusion de l'information sur le développement rural et agricole, domaine dans lequel le Fonds a acquis pendant plus de 25 ans des connaissances du terrain très précieuses et qui méritent d'être mise à disposition de l'ensemble des acteurs du développement et en particulier des ruraux pauvres. Comme promis au Conseil d'administration, nous attendons d'abord de la direction une explication des démarches qu'elle a entreprises ces dernières années à ce sujet et la première vision d'une stratégie des savoirs suivie de l'élaboration de lignes directrices simples pour la mise en œuvre avec un agenda précis. Nous apporterons tout notre appui à telle démarche.

La Suisse continuera dans un esprit critique et constructif à soutenir les efforts du FIDA pour réduire la pauvreté dans le monde rural en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Merci Monsieur le Président.