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Comment les chocs se répercutent-ils sur les résultats des projets?

L'exemple du projet IRPEP et du typhon Haiyan aux Philippines

29 avril 2020

©FIDA/GMB Akash

L'expérience nous montre qu'il est essentiel d'apporter rapidement un soutien adapté pour garantir que les retombées de nos projets ne soient pas compromises par les conséquences de la crise de la COVID-19.

L'épidémie de COVID-19 pourrait entraver l'action menée dans le cadre des projets du FIDA de deux façons. Premièrement, les restrictions à la circulation et l'interdiction de rassemblements, conjuguées à la fermeture d'unités de gestion des projets et à l'arrêt des activités des prestataires de services, risquent d'entraver temporairement l'exécution des projets. Deuxièmement, les difficultés d'accès aux marchés, aux intrants, aux liquidités et à l'information pourraient empêcher les populations rurales de bénéficier des activités menées dans le cadre des projets. Cette dernière menace est celle qui compromet le plus gravement les objectifs de développement à long terme du FIDA, avec ses effets pourraient perdurer si les bénéficiaires ne parviennent pas à se relever rapidement.

Le Projet d'amélioration de la riziculture irriguée (IRPEP) illustre cette menace. Mis en place entre 2010 et 2015, ce projet visait à augmenter la productivité des petits riziculteurs aux Philippines en construisant et en rénovant des systèmes de canaux d'irrigation et en structurant mieux les associations d'usagers de l'eau. Cependant, en 2013, de nombreux domaines d'activité du projet ont été durement touchés par le typhon Haiyan, l'un des plus puissants et des plus dévastateurs jamais enregistrés.

Bien qu'il ait causé des dommages matériels plus graves que l'épidémie de COVID-19, ce choc menaça de façon similaire les moyens d'existence des bénéficiaires. L’accès aux marchés était impossible, soit parce qu'ils avaient été détruits, soit parce que les moyens de transports étaient perturbés, ce qui empêchait les producteurs d'écouler leur surplus de marchandises ou d'acheter des intrants, en particulier des variétés de semences à haut rendement. Nombre d'entre eux virent leurs liquidités, déjà limitées, encore réduites, ce qui les obligea à contracter auprès d'intermédiaires des crédits peu avantageux consistant à échanger des récoltes contre des espèces, afin de répondre à leurs besoins de trésorerie à court terme.

Trois ans après, une évaluation de l'impact a montré que les objectifs du projet, à savoir, principalement, améliorer les rendements de riz et les revenus, n'avaient pas été atteints pour les bénéficiaires les plus durement touchés par le typhon Haiyan. Les mesures mises en place par l'équipe de pays ont certes aidé la majorité des bénéficiaires, mais certains n'ont pas du tout tiré profit des améliorations apportées en matière d'irrigation, en raison des dommages causés à des équipements essentiels et du manque d'accès aux semences.

L'IRPEP n'est pas le seul projet qui a subi les conséquences du typhon. Ainsi, le Ministère du développement international du Royaume-Uni a mené une étude dans laquelle il concluait que ses activités de secours devaient intervenir plus rapidement, être mieux adaptées aux réalités locales et être exécutées sur une période plus longue (par exemple, il a été constaté qu'apporter un soutien aux moyens d’existence sur une durée maximale de six mois après le typhon était insuffisante).

Les leçons tirées de cette expérience ont déjà été prises en compte dans nos activités. À titre d'exemple, le Programme d'options stratégiques du FIDA pour les Philippines (2017–2022) souligne la nécessité d'intervenir plus rapidement pour faire face aux chocs et d'instaurer en parallèle des mesures de soutien répondant aux besoins des populations rurales pour leur permettre de s'adapter aux effets de ces chocs, à l'instar du Programme inclusif d'appui au développement des filières agro-alimentaires au Mozambique, conçu en réponse aux ravages causés par le cyclone Idai en 2019.

Dernièrement, ces expériences (IRPEP et autres projets) ont également guidé la réponse opérationnelle du FIDA face à la COVID-19. Nos équipes de pays ont rapidement mis au point des solutions sur mesure, l'accent étant mis sur l'appui à court terme pour un rétablissement des moyens d'existence à long terme, en s'appuyant sur des procédures accélérées qui concilient le besoin de rapidité et d'assurance qualité. Le FIDA a également lancé le Mécanisme de relance en faveur des populations rurales pauvres pour flécher rapidement les investissements vers des activités visant à intervenir dans les domaines suivants: accès aux intrants et aux marchés, finance rurale et services numériques d'information.

L'expérience de l'IRPEP a montré que les chocs pouvaient ralentir les progrès faits dans la réalisation des objectifs de développement. Le FIDA s'appuie sur les enseignements tirés de cette expérience pour éviter que la situation ne se reproduise avec la crise de la COVID-19.

En savoir plus sur la riposte du FIDA à la COVID-19.

En savoir plus sur les activités du FIDA aux Philippines et au Mozambique.