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Le rôle de la coopération Sud-Sud et triangulaire dans la transformation des systèmes alimentaires compte tenu de la COVID-19

Les organismes des Nations Unies ayant leur siège à Rome célèbrent la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud

26 septembre 2020

Le 16 septembre, les organismes des Nations Unies ayant leur siège à Rome, à savoir l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ont célébré la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud de 2020 dans le cadre d’une manifestation virtuelle organisée par le FIDA.

Le thème de la manifestation était "Le rôle de la coopération Sud-Sud et triangulaire dans la transformation des systèmes alimentaires compte tenu de la COVID-19".

La manifestation avait pour objet de promouvoir la façon dont la coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST) et la collaboration entre les organismes ayant leur siège à Rome pouvait favoriser la transformation des systèmes alimentaires et contribuer à répondre aux besoins immédiats et à court terme dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

"L’objet de cette journée est de célébrer et de partager les réussites en matière de développement, d’explorer de nouvelles possibilités de collaboration et de nouer des partenariats novateurs et inclusifs", a expliqué Guoqi Wu, Vice-Président adjoint du Département des services institutionnels du FIDA, dans sa déclaration liminaire.

"La portée et le rôle de la coopération Sud-Sud se sont considérablement accrus dans le cadre de l’action de l’Organisation des Nations Unies et de la communauté internationale", a fait remarquer Jorge Chediek, Directeur du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud. "Chacun devrait prendre part à la CSST. Nous devons continuer à améliorer l’architecture mondiale de façon à promouvoir l’élargissement de ces modalités de coopération à différents acteurs."

Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO, a donné des exemples concrets de la façon dont la pandémie de COVID-19 avait généré de nombreuses connaissances, innovations et données d’expérience qui pouvaient aider les gouvernements des pays en développement et leurs populations à faire face à l’incidence de la pandémie sur les systèmes alimentaires et agricoles. "Nous devons recenser et partager des idées, des expériences et des solutions innovantes tirées des réponses adoptées à l’égard des systèmes agroalimentaires, en particulier dans les pays en développement", a-t-elle indiqué.

La manifestation a permis aux États membres d’exposer l’incidence de la pandémie sur leurs populations rurales et d’expliquer en quoi la contribution des organismes ayant leur siège à Rome sera cruciale pour éviter une crise alimentaire et améliorer la résilience des moyens d’existence de ces populations.

Depuis le début de la pandémie, les demandes d’aide alimentaire supplémentaire se multiplient, notamment de la part de pays du Sud, qui demandent que l’ensemble des acteurs du développement adoptent des mesures concertées. Cependant, les difficultés engendrées par la pandémie donnent aux pays l’occasion d’améliorer leurs processus de production agricole, de renforcer le développement de leurs filières et de transformer leurs systèmes alimentaires.

Valerie Guarnieri, Sous-Directrice exécutive du PAM chargée du Département de l’élaboration des programmes et des politiques, a souligné que la pandémie actuelle nécessitait de trouver des solutions originales, de renforcer la collaboration entre les partenaires et de recourir à des méthodes innovantes de prestation de services aux personnes les plus vulnérables. Elle a présenté des exemples concrets de la façon dont le PAM épaule les gouvernements hôtes au moyen de solutions novatrices reposant sur la CSST. "Grâce à l’action des organismes ayant leur siège à Rome et au vu [...] des besoins croissants suscités par la COVID-19, nous avons l’occasion de mobiliser davantage de compétences techniques issues des pays du Sud qui s’attellent à gérer les retombées de la pandémie et sont prêts à mettre en commun ces expériences avec d’autres; les innovations, telles que les technologies numériques, peuvent faciliter une pratique plus efficace de la CSST", a-t-elle souligné.

Les représentants de pays assistant à la manifestation ont salué la proposition tendant à intensifier les activités de CSST sur le terrain, l’accent étant mis en particulier sur le développement des filières, la mobilisation des jeunes dans le domaine de la technologie et la collaboration avec le secteur privé.

Henri Djombo, Ministre d’État chargé de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche et Gouverneur du FIDA pour la République du Congo, a souligné qu’il importait de mettre en commun les expériences entre pays africains et d’en tirer des enseignements. "Nous devons nous intéresser à d’autres pays africains, à leurs expériences et à leurs réussites, et garantir une assise solide en vue du développement de l’agriculture au moyen de financements", a-t-il dit. Il a également fait observer l’importance que revêtaient les initiatives de CSST dans le secteur du manioc, et notamment l’excellent travail accompli par les organismes ayant leur siège à Rome pour améliorer la production de manioc grâce à des techniques novatrices.

José Ángel López Camposeco, Ministre de l’agriculture, de l’élevage et de l’alimentation de la République du Guatemala, a estimé que l’immense potentiel des jeunes comme moteur de la transformation agricole et du développement rural devait être au cœur des discussions. En particulier, il a souligné qu’il fallait "créer des possibilités pour les jeunes, accompagner ces derniers et éliminer les obstacles, afin que les jeunes participent aux activités de production dans les zones rurales". Et d’ajouter: "[l]es jeunes recèlent un immense potentiel dont nous devrions tirer parti. C’est par leur intermédiaire que nous pouvons diffuser la technologie dans le secteur agricole."

Niu Dun, Ambassadeur et Représentant permanent de la République populaire de Chine auprès des organismes des Nations Unies ayant leur siège à Rome chargés des questions d’alimentation et d’agriculture, a réitéré l’appui de son pays à la CSST et souligné l’importance de la collaboration entre les partenaires dans la lutte contre la pandémie. Il a également mis l’accent sur le plan de la République populaire de Chine consistant à investir davantage dans l’agriculture rurale, à améliorer la production agricole nationale et à réviser les politiques agricoles afin que les agriculteurs du pays reçoivent le meilleur accompagnement possible.

Plusieurs participants ont mis en exergue la nécessité de développer les échanges de solutions novatrices élaborées par les pays en développement au profit d’autres pays en développement. Dans ce domaine, les organismes ayant leur siège à Rome et leurs partenaires de développement ont de nombreuses possibilités à saisir pour intensifier la mutualisation des savoirs et des compétences, qui reste un moyen précieux d’aider les petits producteurs agricoles.

"La CSST joue un rôle primordial dans les activités que nous menons dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Les menaces liées à la COVID-19 ne peuvent être contrées indépendamment par un seul pays, une seule région ou un seul continent", a affirmé Escipión Joaquín Oliveira Gómez, Sous-Secrétaire général responsable du Département de la transformation économique structurelle et du commerce du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. S’agissant du rôle central revenant aux acteurs du secteur privé dans la CSST, il a ajouté: "[n]ous pensons que la collaboration du secteur privé est essentielle à la réalisation de ces travaux. La production agricole de nos pays joue un rôle déterminant dans l’amélioration des moyens d’existence."

Trois ans après la publication de la feuille de route conjointe intitulée Joint Roadmap towards BAPA+40: Strengthening collaboration among Rome-based Agencies on South-South and Triangular Cooperation (Objectif BAPA+40: renforcement de la collaboration en faveur de la coopération Sud-Sud et triangulaire entre les organismes ayant leur siège à Rome), les représentants de la FAO, du FIDA et du PAM se sont de nouveau engagés à œuvrer de concert en vue de concrétiser le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et d’atteindre les objectifs de développement durable en favorisant les activités de CSST menées sur le terrain et en les mettant à profit.

Contact

Michela Baratelli, spécialiste de la communication, Division de la coopération Sud-Sud et triangulaire, FAO

Elena Bertusi, spécialiste de la CSST, Division de l’engagement, des partenariats et de la mobilisation des ressources à l’échelle mondiale, FIDA

Carola Kenngott, administratrice de programme, Division des programmes – action humanitaire et développement, PAM

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page consacrée à la manifestation.