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Les petits exploitants agricoles sont les grands oubliés du financement climatique, souligne un nouveau rapport

12 novembre 2020

©FIDA/Petterik Wiggers

Rome, le 12 novembre 2020 – Malgré leur vulnérabilité disproportionnée face aux effets des changements climatiques, les petits exploitants agricoles des pays en développement ne reçoivent que 1,7% des financements climatiques, soit une part minime au regard de leurs besoins: c’est ce que révèle aujourd’hui un rapport publié par le Fonds international de développement agricole des Nations Unies (FIDA) et Climate Policy Initiative (CPI).

Le rapport, intitulé "Analyse du déficit de financement climatique pour la petite agriculture", est la première étude détaillée des flux de financements climatiques en direction des petits exploitants agricoles. Il a été publié lors du Sommet Finance en commun, qui réunissait pour la première fois les représentants de l’ensemble des 450 banques publiques de développement dans le monde en vue d’examiner les moyens de réorienter les flux financiers et d’appuyer les cibles en matière de climat et de développement à l’échelle mondiale.

D’après le rapport, le financement à l’appui des mesures de lutte contre les changements climatiques a certes dépassé, pour la première fois, les 500 milliards d’USD en 2017 et 2018, mais seuls 10 milliards d’USD chaque année sont arrivés aux petits exploitants agricoles.

"Il est inacceptable que les personnes qui produisent la majeure partie des aliments consommés dans le monde et qui sont les plus exposées face à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, soient aussi celles qui bénéficient du plus faible appui", a déclaré Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA. "Les petits exploitants agricoles vivant sur des terres de faibles rendements sont en première ligne face aux changements climatiques. Ils devraient donc avoir accès aux financements climatiques qui leur sont indispensables pour adapter leur production."

"D’après nos observations, seul un faible pourcentage des fonds investis dans l’action climat à l’échelle mondiale parvient effectivement aux petits exploitants agricoles. Ce manque de financement pourrait avoir des effets désastreux, car les petits exploitants ont de toute urgence besoin d’un appui accru pour sauvegarder leur moyens d’existence face aux changements climatiques", a déclaré Barbara Buchner, Directrice générale mondiale de CPI.

Les petits exploitants agricoles produisent 50% des calories alimentaires dans le monde. Toutefois, la hausse des températures, conjuguée à l’incidence accrue des sécheresses et des inondations, détruit leurs cultures et leur bétail et fait qu’ils ont du mal à gagner leur vie et à nourrir leur communauté.

Bien qu’on ne dispose pas de chiffres détaillés sur les financements climatiques qui seraient les plus utiles aux petits exploitants, leurs besoins au sens large sont estimés en milliers de milliards de dollars chaque année, ce qui donne un ordre de grandeur des investissements climatiques requis. "Les pouvoirs publics doivent veiller à ce que les financements climatiques parviennent aux personnes qui en ont le plus besoin, et les petits exploitants agricoles devraient figurer au sommet de cette liste, et non à son dernier rang", a déclaré Margarita Astralaga, Directrice de la Division environnement, climat, genre et inclusion sociale du Fonds. "Le FIDA veut aller dans ce sens en augmentant les flux de financement climatique publics et privés en direction des petits exploitants agricoles."

Le FIDA est la seule organisation multilatérale de développement qui a pour mission d’éliminer la faim et la pauvreté dans les zones rurales. L’année prochaine, il lancera le Programme élargi d’adaptation de l’agriculture paysanne (ASAP+), un mécanisme de financement climatique conçu comme le plus grand fonds destiné à acheminer ces financements vers les petits producteurs, afin de les aider à s’adapter aux changements climatiques et à lutter contre la faim et la malnutrition.

ASAP+ s’inscrit dans le prolongement du Programme d'adaptation de l'agriculture paysanne (ASAP) du FIDA, le plus vaste programme mondial d’adaptation aux changements climatiques conçu pour les petits exploitants agricoles, qui a déjà acheminé plus 300 millions d’USD à plus de 5 millions d’agriculteurs, dans 41 pays.

À l’intention des journalistes:


Communiqué de presse no FIDA/51/2020

Le FIDA investit en faveur des populations rurales et œuvre pour leur autonomisation, afin de lutter contre la pauvreté, d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, et de renforcer la résilience. Depuis 1978, il a octroyé 22,4 milliards d’USD sous la forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt dans le cadre de projets dont ont bénéficié quelque 512 millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et un organisme spécialisé des Nations Unies dont le siège est situé à Rome, centre névralgique des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.