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Les peuples autochtones sont essentiels à la construction plus durable d’un monde d’après la pandémie, déclare le Président du FIDA

02 février 2021

Rome, le 2 février 2021 – Les peuples autochtones ont souffert de manière disproportionnée des conséquences économiques de la COVID-19, mais ils sont porteurs de savoirs essentiels à la reconstruction d’un monde d’après la pandémie plus durable et plus résilient, libéré de la pauvreté et de la faim, a déclaré le Président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Gilbert F. Houngbo, lors de l’ouverture de la cinquième réunion mondiale du Forum des peuples autochtones

"La COVID-19 a dévasté la vie de millions de personnes à travers le monde. Toutefois, ce terrible fléau nous motive aussi à trouver des façons de vivre en meilleure harmonie avec la nature", a ajouté Gilbert F. Houngbo. "Nous n’y parviendrons qu’en collaborant avec les peuples autochtones qui, partout dans le monde, s’emploient à préserver la nature et un vaste patrimoine de savoirs traditionnels."

Cette réunion biennale, qui se tient en ligne cette année, est consacrée au thème "La valeur des systèmes alimentaires autochtones: résilience dans le contexte de la pandémie de COVID-19". Organisée par le FIDA, elle accueille 154 dirigeants autochtones de 57 pays, des représentants d’organisations de développement et des responsables publics, réunis pour échanger sur les systèmes alimentaires des peuples autochtones et leur résilience face à la COVID-19, réfléchir aux moyens de surmonter les difficultés et aborder les perspectives d’avenir.

Dans un message lu en son nom, Sa Sainteté le Pape François a déclaré qu’il était nécessaire de "promouvoir un modèle de développement qui ne fasse pas de la consommation un moyen et une fin en soi, mais qui tienne véritablement compte de l’environnement et privilégie l’écoute, l’apprentissage et le respect". Il a ajouté: "Ce n’est qu’en faisant preuve d’humilité d’esprit que nous pourrons éliminer la faim et édifier une société fondée sur des valeurs durables qui ne sont pas le fruit de tendances unilatérales et passagères, mais de la justice et de la bonté."

L’une des participantes, Margaret Tunda Lepore, membre des Massaï d’Afrique de l’Est, a indiqué que la situation de sa communauté s’était détériorée pendant la pandémie, laquelle "menaçait gravement l’économie des populations autochtones, dont les modes de vie sont déjà mis à mal par les divers problèmes liés aux changements climatiques et aux droits fonciers". "Cette pandémie a accru la vulnérabilité et la marginalisation des peuples autochtones", a-t-elle souligné.

La pandémie de COVID-19 représente une grave menace pour les populations autochtones du monde entier et touche leurs communautés de manière disproportionnée, exacerbant ainsi les inégalités structurelles sous-jacentes et la discrimination généralisée. L’accès à la nourriture et à l’eau potable a diminué et les économies locales et traditionnelles ont été perturbées. Alors que des mesures de confinement continuent d’être imposées dans de nombreux pays, les communautés autochtones dont les droits fonciers sont bafoués ou qui n’ont pas droit à l’autodétermination sur leurs territoires ne peuvent pas contrôler leur production alimentaire, ce qui les prive de leurs moyens d’existence et réduit leur capacité de subvenir à leurs besoins.

Néanmoins, les peuples autochtones ont mis en place leurs propres solutions face à la pandémie. Leur mode de vie, leurs systèmes alimentaires, leur culture et leur lien avec leurs terres sont une source importante de résilience face à la COVID-19. Mettant à profit leurs pratiques et savoirs traditionnels, ils ont mis en œuvre des stratégies d’isolement volontaire, confiné leurs territoires et pris des mesures de prévention dans leurs propres langues, afin d’assurer la survie de leurs communautés.

"Vous nous avez montré que c’est en s’appuyant sur la situation à l’échelle locale qu’on peut bâtir la résilience, en mettant à profit le meilleur des savoirs traditionnels et en conservant notre lien avec la nature", a affirmé M. Houngbo devant les participants au Forum. "L’intégration des savoirs et des pratiques autochtones dans les systèmes alimentaires mondiaux peut apporter des solutions novatrices et créatives face aux difficultés que nous rencontrons, notamment en ce qui concerne les changements climatiques. Cela permettra de mettre fin aux pratiques néfastes qui nuisent aux peuples autochtones et à la nature."

Les peuples autochtones jouent un rôle crucial dans la préservation de l’environnement, puisque 80% de la biodiversité encore présente sur la planète se trouve dans des territoires autochtones.

Le Forum des peuples autochtones, qui se tient jusqu’au 4 février, sera suivi par la Semaine des peuples autochtones (8-12 février), au cours de laquelle sera organisé un dialogue sur la préservation de la biodiversité. La séance de clôture du Forum aura lieu le 15 février.

Le FIDA appuie des projets ciblant les peuples autochtones qui visent à assurer la protection, la promotion, la réintroduction ou la relance des variétés végétales, systèmes alimentaires et systèmes semenciers traditionnelement présents à l’échelle locale, ainsi que l’agrobiodiversité et les systèmes agroécologiques qui y sont attachés. Depuis sa création il y a 40 ans, le FIDA a approuvé 245 projets dont ont bénéficié au moins 42 millions de personnes autochtones.

À l’intention des journalistes:

Toutes les séances sont ouvertes aux médias et peuvent être suivies en ligne:


Communiqué de presse n°: IFAD/05/2021

Le FIDA investit dans les populations rurales en les dotant des moyens de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer leur résilience. Depuis 1978, il a octroyé 23,2 milliards d’USD sous la forme de prêts à faible taux d’intérêt et de dons, dans le cadre de projets dont ont bénéficié quelque 518 millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et un organisme spécialisé des Nations Unies dont le siège est situé à Rome, centre névralgique des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.