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Transformer des idées novatrices en une pratique agricole durable en Afrique de l'Ouest et du Centre

Les idées sont la sève de l'innovation. Si l'on veut accélérer la transformation rurale tout en agissant dans les domaines de la pauvreté rurale, l'insécurité alimentaire, la nutrition, la création d'emploi et les changements climatiques, nous avons besoin d'idées novatrices. C'est pourquoi le FIDA, en partenariat avec "The Lab", à savoir  le Global Innovation Lab for Climate Finance (Laboratoire d'innovation mondial sur le financement de l'action climatique), a lancé un concours en 2018 visant à mettre des idées en commun et débloquer des investissements destinés à l'agriculture durable en Afrique de l'Ouest et du Centre. Les investisseurs et les partenaires de développement ont évalué les candidats et deux projets se sont imposés.

Offrir des assurances contre les risques climatiques aux petits exploitants agricoles

La première idée a été présentée par Sprout Insure, une start-up installée en Allemagne qui veut mettre à disposition des petits exploitants agricoles une assurance contre les risques climatiques. Elle propose un produit appelé "Blockchain Climate Risk Crop Insurance" (Assurance des cultures contre les risques climatiques s'appuyant sur la blockchain). Il s'agit de créer une infrastructure d'assurance des cultures  automatisée et indexée sur les risques météorologiques, destinée à aider les petits exploitants à augmenter leur résilience face aux conséquences des changements climatiques et s'appuyant sur des instruments assurantiels transparents, peu coûteux et efficients. Cette assurance garantira l'automatisation des versements en cas d'épisode météorologique extrême, grâce à des contrats intelligents inscrits dans une blockchain –système d'enregistrement des transactions en monnaies numériques s'appuyant sur un réseau d'ordinateurs.

Grâce à la création de modèles de produits d'assurance utilisant la blockchain, la plateforme peut offrir aux exploitants, aux coopératives, aux bailleurs de fonds, aux acheteurs voire aux consommateurs des outils leur permettant de créer leur propre produit d'assurance personnalisé à des prix très raisonnables. Pour la première fois, les procédures de mutualisation des risques pourraient être confiées aux bénéficiaires eux-mêmes, grâce à des contrats intelligents fixes et sûrs. Plutôt que d'avoir affaire à une compagnie d'assurance traditionnelle à distance, l'expérience du consommateur pourrait devenir directe, immédiate et automatisée.

Une agriculture intelligente face aux changements climatiques

La seconde idée retenue  a pour nom "West African Initiative for Climate Smart Agriculture" (Initiative de l'Afrique de l'Ouest pour une agriculture intelligente face au climat) et vise à promouvoir une agriculture intelligente face aux changements climatiques et la résilience des filières d'approvisionnement, l'objectif étant d'assurer la sécurité alimentaire dans 15 pays d'Afrique de l'Ouest. Proposée par la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'idée est de proposer des dons finançant une assistance technique et des prêts subventionnés ou des garanties,  aux organisations de petits exploitants et au secteur privé agricole.

La CEDEAO occupe une position privilégiée pour mobiliser d'importants investissements publics et privés. Les critères de prêt seront liés à l'adoption de pratiques agricoles durables et seront assortis de conditions préférentielles pour les femmes et les jeunes. Selon le plan proposé, l'adoption à plus grande échelle d'une agriculture intelligente face aux changements climatiques devrait permettre une adaptation à ces derniers et améliorer à terme la sécurité alimentaire. Par exemple, au Burkina Faso, si l'on parvient à toucher 10% des terres disponibles, deux millions de tonnes de carbone pourraient être captées et 1,2 million de personnes être nourries.

Libérer les investissements au service de l'agriculture durable

Ces deux idées  bénéficieront d'un appui qui permettra de débloquer des investissements destinés à l'agriculture durable, ce qui aura un impact sur les communautés rurales les plus vulnérables en Afrique de l'Ouest et du Centre.

"L'Afrique de l'Ouest et du Centre est une terre riche de promesses où plus de 300 millions de petits exploitants agricoles jouent un rôle vital en contribuant à la sécurité alimentaire, à la nutrition et à la croissance économique. Toutefois, ces populations se heurtent à des difficultés complexes et interdépendantes comme les effets croissants des changements climatiques, la dégradation des terres et des écosystèmes, les conflits sur les ressources et les migrations. Il nous faut affronter ces questions, et c'est la raison du partenariat passé par le FIDA avec le Lab: mettre les ressources en commun, inventer et mettre en œuvre ensemble des solutions novatrices et durables pour mobiliser davantage des ressources privées et publiques pour l'agriculture paysanne dans la région"  affirme Margarita Astralaga, Directrice de la Division environnement, climat, égalité femmes-hommes et inclusion sociale.

Chaque année, le Lab lance des programmes pour trouver des idées et développer les plus prometteuses du point de vue de la faisabilité, de l'innovation, de leur capacité à en catalyser d'autres et de leur viabilité financière. Il a mobilisé plus de 1,4 milliard d'USD depuis 2015. Le FIDA a associé ses forces à celles du Lab en 2018 pour mettre en place un axe de travail thématique consacré à l'agriculture durable pour les petits exploitants en Afrique de l'Ouest et du Centre. Cette approche de mise en commun des idées a été adoptée par le FIDA grâce aux fonds venant de la deuxième phase du Programme d'adaptation de l'agriculture paysanne (ASAP 2), qui promeut les initiatives novatrices au service d'une agriculture résiliente face aux changements climatiques dans les pays en développement.

Sur le cycle 2018-2019,outre les deux idées retenues dans le domaine de l'agriculture durable, quatre propositions l'ont également été dans trois autres domaines thématiques: les villes durables, l'accès à l'énergie et le carbone bleu dans les écosystèmes côtier et marin. La sélection a été faite par le FIDA et d'autres membres du Lab, soit plus de 60 institutions dans le secteur public, le financement du développement ou la philanthropie, ainsi que le secteur privé. Le concours a reçu un nombre particulièrement élevé de propositions, 250, présentées par des institutions de financement du développement, des ONG internationales et des entreprises, toutes de premier plan.

 

Découvrez toutes les idées retenues par le Lab en 2019