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10 manières de réduire les pertes alimentaires: les leçons du terrain

Langues: Arabic, English, French, Spanish

©FIDA/Marco Salustro

Les pertes alimentaires intervenant entre la récolte et la vente au détail, qu’on appelle aussi les pertes après récolte, sont un enjeu majeur dans beaucoup de pays en développement et l’un de ceux sur lesquels le FIDA travaille activement.

Le document intitulé Food Loss Reduction Advantage illustre les avantages que présentent les investissements en faveur de la réduction des pertes alimentaires pour les petits exploitants; les auteurs y tirent les enseignements d'exemples pratiques issus des programmes du FIDA.

  1. Accéder aux financements

L’une des principales difficultés qui empêchent les petits exploitants agricoles de réduire leurs pertes après récolte est le manque de moyens financiers dont ils disposent pour acquérir des équipements et des installations après récolte de meilleure qualité. Il est donc fondamental de faciliter l’accès des petits exploitants, des coopératives paysannes et des petites et moyennes entreprises aux financements pour les aider à diminuer leurs pertes alimentaires.

  1. Relier les agriculteurs aux marchés

Les agriculteurs ne chercheront pas à réduire leurs pertes alimentaires s’ils ne peuvent pas vendre leur production et si la qualité ne se répercute pas sur leurs prix de vente. Relier les agriculteurs à des marchés rentables constitue donc une autre étape essentielle pour réduire les pertes alimentaires. Cela passe par des mesures d’incitation prises à l’intention des acheteurs et par la mise en place d’un environnement favorable (un bon réseau de transports, par exemple). 

  1. Améliorer l’entreposage des céréales dans les exploitations

L’une des solutions les plus courantes pour réduire les pertes de céréales après récolte dans les pays en développement consiste à améliorer les techniques d’entreposage dans les exploitations. S'ils sont utilisés correctement, les bidons métalliques et les sacs hermétiques peuvent en effet contribuer à ramener les pertes de céréales à un niveau quasi nul, ce qui permet ainsi aux agriculteurs d’augmenter la quantité de nourriture disponible pour la vente ou pour la consommation du ménage.

  1. Moderniser les équipements de séchage des céréales

Dans les filières céréalières, la majorité des pertes (en quantité et en qualité) est due au séchage inadapté des produits. Aider les agriculteurs et les organisations paysannes à acquérir des équipements de séchage de meilleure qualité, pouvant protéger convenablement les produits de la pluie, est souvent la solution permettant de réduire le risque de moisissure et la contamination aux aflatoxines, deux causes majeures des pertes de céréales.

  1. Rendre possible l’entreposage frigorifique des produits frais

C’est dans les filières liées aux produits frais que l’on observe les niveaux de perte les plus élevés, en particulier les fruits et légumes, mais aussi le poisson, la viande et le lait. La chaleur est l’une des principales causes de gaspillage en ce qui concerne les produits frais; le manque d’équipements et d’infrastructures visant à garantir la chaîne du froid contribue grandement aux niveaux de pertes alimentaires élevés observés dans les pays en développement. On peut réduire de manière considérable les pertes de produits frais en aidant les agriculteurs et les négociants à acquérir des équipements d’entreposage frigorifique et en assurant un approvisionnement stable en électricité pour alimenter ces équipements.

  1. Améliorer les moyens de transport

Pour les agriculteurs vivant dans des zones rurales éloignées, le manque d’équipements et d’infrastructures de transport constitue peut-être la plus grande contrainte. Cela les empêche d’accéder aux marchés, rallonge la durée des trajets et augmente le risque que les produits ne s’abîment. Plusieurs expériences conduites par le FIDA ont démontré que l’extension des infrastructures de transport pour couvrir jusqu’au dernier kilomètre pouvait avoir un impact considérable sur la réduction des pertes alimentaires, en particulier pour les produits frais.

  1. Construire des installations de stockage commerciales

Pour les agriculteurs qui n’ont pas les moyens d’installer des solutions techniques de stockage à l’échelle de leur exploitation, des installations de stockage collectives dans le cadre d’une coopérative peuvent fournir une solution leur permettant d’entreposer leurs récoltes en toute sécurité, en attendant que les prix remontent. Dans les pays en développement, il peut s’avérer difficile pour les coopératives d’obtenir le capital nécessaire à la construction d’un entrepôt. Les projets peuvent alors s’attacher à trouver l’instrument financier adapté pour soutenir les investissements des agriculteurs tout en ayant recours à la finance commerciale (dons de contrepartie, par exemple).

  1. Former les agriculteurs

Si le manque d’équipements et d’infrastructures représente un obstacle majeur, le manque de connaissances et de capacités ne saurait être sous-estimé. En effet, il est possible d’obtenir des résultats remarquables en formant les agriculteurs au traitement après récolte et à l’entreposage des différentes cultures. Des aspects tels que le calendrier des récoltes, le séchage des récoltes, la gestion de l’humidité et la fumigation sont des compétences essentielles que beaucoup d’agriculteurs des pays en développement ne maîtrisent pas ou dont ils ignorent l’existence.

  1. Collecter des informations

Le manque d’informations précises relatives au volume et aux causes des pertes constitue un autre frein important, car cela empêche de cibler, d’évaluer et de déterminer avec justesse les interventions qui permettraient de réduire les pertes alimentaires. Il existe plusieurs méthodologies pour mener une analyse quantitative et qualitative des pertes alimentaires. La méthode d’évaluation des pertes alimentaires mise au point par la FAO, par exemple, permet de repérer les points critiques de perte alimentaire pour une filière donnée, ce qui permet d’affiner le ciblage de l’intervention.

  1. Élaborer des politiques publiques

Les stratégies nationales de réduction des pertes alimentaires demeurent rares, malgré la gravité du problème. Il est donc essentiel d’aider les gouvernements à intégrer la réduction des pertes alimentaires dans leurs stratégies nationales agricoles si l'on souhaite assurer l’engagement à long terme indispensable à l’instauration d’un changement durable. Cela requiert un appui, tant en termes de ressources financières que d’expertise.  

Pour découvrir d’autres exemples issus du terrain, voir le document The Food Loss Reduction Advantage.

Pour en savoir plus sur les pertes alimentaires, cliquez ici.