Les Masaïs du Kenya et la Sentinelle « Slow Food » sur les moutons Red Masai

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Les Masaïs du Kenya et la Sentinelle « Slow Food » sur les moutons Red Masai

Le droit des peuples autochtones de contrôler leurs terres en fonction de leurs besoins et leurs décisions joue un rôle fondamental tout autant dans la protection de leurs moyens d’existence et que dans la défense de la biodiversité des races animales et des variétés végétales endémiques. Par conséquent, il est clair qu’appuyer les communautés autochtones et leurs systèmes alimentaires traditionnels participe de la préservation de la biodiversité mondiale.

Le peuple masaï d’Afrique de l’Est vit le long de la vallée du Grand Rift, dans le sud du Kenya et dans le nord de la République-Unie de Tanzanie. Auparavant, il était semi-nomade et fonctionnait selon un système de gestion des terres communautaire. Ses moyens d’existence dépendaient largement de l’élevage de vaches, de chèvres et de moutons. L'élevage bovin était généralement une tâche masculine, alors que l’élevage ovin revenait aux femmes et aux enfants. Les mouvements de bétail étaient basés sur le changement des saisons. Conformément aux accords fonciers traditionnels masaïs, nul ne peut se voir refuser l’accès aux ressources naturelles telles que l’eau et les terres. Récemment, les Masaïs ont perdu de larges étendues de terres sur lesquelles se trouvaient des sources d’eau et des pâturages essentiels, au profit de réserves et de parcs nationaux. Ces facteurs, conjugués à des sécheresses de plus en plus graves du fait du réchauffement climatique mondial, ont entraîné une réduction significative des moyens d’existence traditionnels des Masaïs. Les moutons Red Masai, avec leur toison d’un brun orangé, sont une race endémique d’Afrique de l’Est, dont les Masaïs et les petits exploitants kényans, tanzaniens et ougandais font traditionnellement l’élevage. Bien que moins productifs que certaines autres races, les Red Masai sont appréciés pour leur robustesse dans des conditions arides et leur bonne résistance aux parasites intestinaux. Leur viande, autre caractéristique appréciée, est décrite par les Masaïs comme étant « douce », et leur lait est riche et de bonne qualité. Avec le temps, les Red Masais ont presque disparu, remplacés par des troupeaux de moutons Dorper, introduits par les Britanniques.

L’une des principales difficultés rencontrées par la Sentinelle a été de trouver deux troupeaux de moutons Red Masai pouvant constituer le premier noyau de reproducteurs. Celle-ci a finalement fait l’acquisition de deux troupeaux, chacun composé de 10 brebis et de 2 béliers, pour un total de 24 animaux. Photo: Slow Food

L’équipe de Slow Food Kenya a proposé la création d’une Sentinelle sur les moutons Red Masai en raison du caractère unique de cette race et des bénéfices qui en seraient tirés, l’objectif étant de venir en aide au peuple masaï qui se trouve dans une situation difficile. Consciente du fait que les retombées économiques seraient longues à venir, l’équipe a compris que la Sentinelle sur le mouton Red Masai ne pourrait devenir autosuffisante que dans le cadre d’un programme à long terme. Deux groupes d’éleveurs ont été constitués, l’un dans la communauté de Satellite et Rosarian dans le comté de Nakuru, l’autre dans la communauté d’Olkeri dans le comté de Narok. En septembre 2020, la Sentinelle comptait 41 membres, dont 20 étaient des jeunes au moment où ils ont rejoint la structure et 19 étaient des femmes. La participation des jeunes à la Sentinelle était un engagement clair pour les deux groupes, et ils ont œuvré aux côtés des plus âgés afin d’apprendre et de faire revivre les traditions. La Sentinelle a accordé une large place aux femmes, ces dernières étant considérées comme particulièrement aptes à distinguer les plus beaux animaux.

Au cours de la première année, les activités ont été axées sur la constitution de groupes, l’enregistrement et la formation intensive (capacité à diriger, organisation d’un groupe, nutrition animale et élevage). Les membres de Slow Food Kenya et de la Sentinelle ont recherché des bouchers et d’autres acheteurs potentiels auprès desquels écouler la viande des moutons Red Masai. Les informations collectées dans le cadre du suivi réalisé en septembre 2020 montrent que les deux troupeaux comptaient 25 animaux au total et qu’une nouvelle saison d’agnelage était attendue pour bientôt. Dans l’ensemble, la Sentinelle est opérationnelle et ses membres lui consacrent toute leur énergie et tous leurs efforts afin de garantir sa viabilité, tout en gardant à l’esprit que, pour eux, des résultats tangibles ne viendront que lentement et dans le temps.

En 2017, après plusieurs années de partenariat entre le FIDA et Slow Food dans des domaines liés à la sécurité alimentaire, aux peuples autochtones et aux jeunes, le FIDA a approuvé le déblocage d’un don au titre du projet « Autonomisation des jeunes autochtones et de leurs communautés en vue de la défense et de la promotion de leurs traditions alimentaires », qui sera exécuté par Slow Food sur une période de trois ans.

En savoir plus sur l'action du FIDA au Kenya ou sa collaboration avec les peuples autochtones