Quelles conséquences ont les conclusions du rapport du GIEC pour les habitants des zones rurales? Toutes les réponses à vos questions

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Quelles conséquences ont les conclusions du rapport du GIEC pour les habitants des zones rurales? Toutes les réponses à vos questions

©Ciril Jazbec / Banque mondiale

À la lecture du Sixième rapport d’évaluation du GIEC publié à l'été 2021, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a déclaré qu’il « sonnait une alerte rouge pour l’humanité ». Mais pour les populations les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète, la sonnette d’alarme est tirée depuis bien longtemps.

Voici les réponses aux questions que vous pouvez vous poser sur le rapport du GIEC, sur son importance et sur ce qu’il signifie pour les plus vulnérables – les habitants des zones rurales, les petits producteurs et les populations autochtones.

En quoi consiste le sixième rapport d’évaluation du GIEC et pourquoi doit-il nous interpeller?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rassemble des experts du monde entier qui examinent les données scientifiques les plus récentes pour tirer des conclusions sur les causes et effets des changements climatiques. Chacune de leurs conclusions est soigneusement évaluée par des spécialistes afin de s’assurer de la fiabilité de leur fondement scientifique.

Leurs rapports nous renseignent sur l’état de la recherche scientifique sur les changements climatiques et décrit leurs effets probables si nous ne limitons pas les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les responsables politiques s’appuient sur ces rapports pour décider des mesures à prendre, tant pour s’adapter aux changements inévitables que pour éviter une aggravation de la situation.

En août 2021, le premier des trois groupes de travail du GIEC a présenté un rapport sur la science physique du système climatique mondial.

Ce rapport constitue le document le mieux à même de nous aider à trouver des solutions face à l’évolution du climat, dont on sait qu’il subit des changements d’origine humaine sans précédent dans l’histoire.

Quelles sont les principales conclusions du rapport?

Le sixième rapport d’évaluation ne laisse plus place à aucune ambiguïté: le climat change, et c'est à cause de l'activité humaine.. Plusieurs de ses effets sont irréversibles et nombre des impacts à venir que l’on nous a prédits sont désormais inévitables.

Dans toutes les régions du monde, les phénomènes climatiques extrêmes – vagues de chaleur, fortes précipitations, sécheresses, cyclones – s’intensifient et se multiplient.

L’activité humaine est en train d’acidifier les océans. Le niveau des précipitations a augmenté à l’échelle mondiale et les glaciers reculent, ce qui réduit la quantité d’eau disponible pour l’agriculture.

Une part de plus en plus importante de la surface du globe est exposée à de graves et fréquentes sécheresses. Des zones tropicales, comme l’Amazonie, deviennent plus arides.

Partout dans le monde, les températures augmentent à un rythme jamais atteint et, au cours des 20 prochaines années, la hausse atteindra ou excédera 1,5 °C.

En effet, sauf réductions massives des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, le réchauffement de la planète dépassera 1,5 à 2 °C dans les prochaines décennies, avec des conséquences autrement plus désastreuses. Les populations les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète seront les plus durement touchées et devront faire face à la perte de leurs moyens d’existence, à l’insécurité alimentaire, aux déplacements forcés, à des problèmes de santé résultant de cette évolution et à bien d’autres difficultés, ce qui limitera plus encore leurs capacités d’adaptation et de survie.

Comment les changements prévus par le rapport affecteront-ils l’agriculture, la pêche et les petits producteurs?

C’est dans les zones rurales que les effets aussi bien des changements progressifs que des phénomènes météorologiques extrêmes sont les plus marqués, car les populations y sont fortement tributaires de l’agriculture et des ressources naturelles locales.

Les petits exploitants agricoles vont devoir faire face à davantage de mauvaises récoltes à mesure que les conditions météorologiques se modifieront. De plus, face à la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes, les exploitants risquent de perdre leurs récoltes et de subir d’autres chocs qui mettront à mal leurs moyens d’existence et leur sécurité alimentaire.

La hausse des températures va entraîner une modification des pratiques de pêche. Dans le pire des cas, les réserves halieutiques pourraient baisser de 40% dans les zones tropicales.

Dans de nombreuses régions du monde, la chaleur extrême et la sécheresse affecteront les moyens d’existence des éleveurs, soit parce que les animaux n’arriveront plus à se développer, soit parce que le fourrage viendra à manquer.

Quelles mesures doit-on prendre pour soutenir les habitants des zones rurales face aux changements climatiques?

Des engagements concrets et réalisables doivent être pris pour:

  • inclure les groupes les plus vulnérables – habitants des zones rurales et peuples autochtones – dans les processus décisionnels;
  • axer les ressources, l’attention et les politiques mondiales sur l’adaptation aux changements climatiques et non pas seulement sur l’atténuation de leurs effets;
  • accroître les financements destinés à aider les pays en développement à s’adapter aux changements climatiques. À l’heure actuelle, pour 18 dollars dépensés pour atténuer les effets des changements climatiques dans ces pays, un seul dollar est consacré aux mesures d’adaptation;
  • investir dans des solutions fondées sur la nature qui puissent favoriser une agriculture durable, la production alimentaire et des moyens d’existence décents, et qui soient susceptibles de renforcer l’adaptation aux changements climatiques et de mieux atténuer leurs effets;
  • déterminer la voie à suivre pour mettre en œuvre l’Action commune de Koronivia pour l’agriculture, qui reconnaît le potentiel unique de l’agriculture dans la lutte contre les changements climatiques.

Comment le FIDA aide-t-il les habitants des zones rurales à se préparer aux changements qu’anticipe le rapport du GIEC?

Quatre-vingt-dix pour cent du financement de l’action climatique du FIDA est consacré à l’adaptation. Le Fonds s’est par ailleurs engagé à affecter 30% des sommes ainsi réunies à des solutions fondées sur la nature.

Notre Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne (ASAP) est le plus vaste programme mondial d’adaptation aux changements climatiques destiné aux petits exploitants agricoles. En 2021, nous avons lancé une version élargie de ce programme, baptisée ASAP+. Dans le cadre de cette initiative, 500 millions d’USD seront mobilisés pour aider plus de 10 millions de personnes à s’adapter aux changements climatiques, à améliorer leur sécurité alimentaire et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous  nous attachons, dans toutes les actions que nous menons, à aider les femmes, les jeunes et les peuples autochtones et à créer des systèmes alimentaires durables qui procurent à toutes et tous des moyens d’existence et leur assurent la sécurité alimentaire.

En plus de promouvoir des solutions fondées sur la nature, nous aidons les petits producteurs à accéder aux sources de financement ainsi qu’aux technologies renouvelables et numériques qui leur permettront de s’adapter aux changements climatiques et d’atténuer leurs effets. Notre Programme de participation du secteur privé au financement stimule les investissements dans la petite agriculture, tisse des liens entre les habitants des zones rurales et les marchés, et crée des moyens d’existence durables.