Solutions fondées sur la nature et résilience de l’agriculture familiale en Amérique latine et dans les Caraïbes

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Solutions fondées sur la nature et résilience de l’agriculture familiale en Amérique latine et dans les Caraïbes

Photo de Scott Umstattd sur Unsplash

Alors que la pandémie de coronavirus n’en finit plus d’ébranler notre planète, il n’est guère surprenant que la résilience soit devenue une thématique incontournable dans le monde du développement.

À chaque coup dur, on prend conscience que pour être résilient – c’est-à-dire capable de s’adapter et de faire face à un choc –, il faut se concentrer sur l’essentiel. Et qu’y a-t-il de plus essentiel, au sens premier du terme, que l’environnement naturel et ses écosystèmes? En effet, l’idée d’un "retour aux sources" peut nous offrir de réelles solutions, en particulier dans le domaine de l’agriculture.

Plus nous réconcilions l’agriculture avec les écosystèmes et l’infrastructure naturelle, mieux les exploitants seront préparés pour résister aussi bien aux chocs immédiats, tels que ceux provoqués par la pandémie de COVID-19, qu’aux chocs plus subtils, mais tout aussi graves (à long terme), comme les changements climatiques.

Lorsque nous comprenons l’écosystème dans lequel nous vivons, nous sommes en mesure de tirer le meilleur parti de ce que la nature a à offrir, tout en réduisant au strict minimum la quantité d’intrants externes dont nous avons besoin. Cette approche signifie également que nous accordons une juste valeur aux actifs naturels essentiels à l’activité économique, mais aussi à la perpétuation de la vie humaine telle que nous la connaissons.

Les effets de la COVID-19 nous ont aussi permis de comprendre, de la façon la plus rude qui soit, qu’en période de crise, la résilience locale est une condition essentielle à la survie. La capacité d’exploiter les ressources naturelles locales pour produire des aliments, obtenir de l’eau et générer de l’énergie se fait capitale quand les chaînes d’approvisionnement sont fragmentées ou rompues.

C’était déjà une évidence, mais c’est aujourd’hui plus criant que jamais: les solutions de développement rural de l’après COVID-19 devront être respectueuses de la nature. C’est pourquoi nous sommes déterminés à investir davantage dans les solutions fondées sur la nature.

Les solutions fondées sur la nature sont destinées à assurer la protection, la gestion durable et la restauration des écosystèmes naturels ou modifiés. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, certaines de ces solutions sont extrêmement prometteuses en matière d’adaptation et de résilience, comme l’agroforesterie, la gestion améliorée des terres cultivées, la diversification agricole, la gestion intégrée de l’eau et la gestion des forêts, autant de domaines où le FIDA investit en puisant dans ses ressources de base.

Les solutions fondées sur la nature se définissent également par rapport au contexte naturel et culturel propre au site considéré. Elles tiennent compte aussi bien des savoirs traditionnels et locaux que des connaissances scientifiques. Elles ont vocation non seulement à protéger la nature, mais aussi à générer des avantages sociaux justes ouvrant la voie à un avenir durable et équitable, au-delà des logiques de rentabilité économique immédiate.

Le FIDA applique cette approche depuis quelque temps déjà. C’est particulièrement vrai dans les projets qu’il appuie en Amérique latine et dans les Caraïbes, où, face à l’abondance du capital naturel de la région, il a toujours cherché à maximiser les avantages tirés des projets en investissant dans l’infrastructure verte.

Axé sur la résilience des filières et mené avec l’appui financier du Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne, le Programme d’intégration économique en faveur des familles et des communautés rurales dans le territoire de l’État plurinational de Bolivie s’est achevé avec grand succès l’an dernier. Il a mis l’accent sur la planification participative ascendante, grâce à laquelle les bénéficiaires, à savoir les populations rurales, ont pu recenser les solutions écosystémiques qui intégraient les savoirs autochtones et traditionnels.

Dans ce cadre, une communauté s’est lancée dans l’apiculture, en y associant des essences d’arbres indigènes, ce qui a suscité la mise en place d’un processus de reboisement. Dans le même bassin versant, une autre communauté travaille aujourd’hui à la revégétalisation des rives des cours d’eau, plantant arbres et buissons indigènes pour prévenir l’érosion. Cet ensemble d’investissements en amont et en aval accroît sensiblement la résilience de l’ensemble du bassin versant face aux épisodes fréquents de crues.

Au Pérou, le Projet Mécanisme de rétribution des services écosystémiques (Projet MERESE), appuyé par le Fonds pour l’environnement mondial, permet la création d’un mécanisme de paiements pour services écosystémiques dans deux grands bassins versants. Ce mécanisme octroie des financements aux communautés vivant en amont qui, grâce à leurs pratiques de gestion durable des sols, sont en mesure d’améliorer leurs activités de production tout en conservant les forêts et zones humides relictuelles, essentielles pour préserver l’écoulement des eaux en direction des utilisateurs en aval, tels que les exploitations agricoles commerciales et les opérateurs industriels. Ce système présente un triple intérêt: amélioration des moyens d’existence, restauration des écosystèmes et stabilisation de l’approvisionnement en eau de qualité.

Par ailleurs, le Projet de renforcement de la résilience climatique dans les communautés rurales du Nord-Est, en dernière phase de conception, sera entièrement consacré aux investissements verts dans les zones semi-arides du Brésil qui connaissent des épisodes croissants de sécheresse. Plutôt que de chercher à accroître les disponibilités en eau grâce à des pompes, barrages et citernes, le projet mettra à profit l’aptitude qu’ont la faune et la flore indigènes à collecter et stocker l’eau, formant un biote capable de restituer de l’eau pour les activités productives.

Pour ce faire, le projet promouvra l’évolution des pratiques de production, afin de donner aux femmes et aux jeunes au niveau local les moyens de renforcer la résilience et la sécurité alimentaire de communautés dont les moyens d’existence sont en totalité menacés par les sécheresses. Le projet comprend également une structure de financement innovante, qui allie le concours du FIDA, du Fonds vert pour le climat et de la Banque nationale brésilienne de développement économique et social.

Nous avons annoncé que les opérations de l’après COVID-19 appuyées par le FIDA en Amérique latine et dans les Caraïbes seraient désormais menées conformément à ce que l’on appelle l’approche 3R: retour à la normale – redémarrage – résilience.

Le dernier des 3 R est sans nul doute le plus important, puisqu’il entre en résonance directe avec l’objectif central du mandat du FIDA: fournir aux exploitants familiaux les moyens dont ils ont besoin pour réussir. Et quand les exploitants familiaux sont en mesure de faire prospérer leur activité, tout le monde peut en profiter. Ces agriculteurs sont les seuls à pouvoir apporter des aliments de qualité dans nos assiettes et, ce faisant, à faire en sorte qu’une crise sanitaire telle que la pandémie de COVID-19 ne se double pas d’une catastrophe alimentaire.

Notre résilience est fonction de la leur – et le FIDA emploiera tous les outils à sa disposition pour contribuer à la renforcer. Les solutions fondées sur la nature sont sans conteste l’un des outils de la palette du Fonds.

 

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