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Collaboration FIDA-BRAC - donner aux populations rurales les moyens de renforcer leur résilience aux changements climatiques

21 avril 2021
©FIDA/Susan Beccio

Les habitants des zones rurales, en particulier les petits exploitants agricoles, sont parmi les plus touchés par les changements climatiques. De tels bouleversements accentuent l’imprévisibilité des conditions météorologiques et l’intensité des phénomènes les plus violents. Ces effets conjugués dégradent les écosystèmes locaux (notamment aux ressources en eau) et menacent les moyens d’existence que tirent de l’agriculture des centaines de millions de ruraux.

Les petits exploitants des zones rurales sont également touchés de manière disproportionnée par la pauvreté, notamment l’extrême pauvreté (moins de 1,90 USD par jour). Dans le monde, 75% des personnes en situation d’extrême pauvreté vivent en zones rurales et 63% travaillent dans le secteur agricole. Elles dépendent des activités agricoles, vulnérables aux aléas climatiques, non seulement pour gagner leur vie, mais aussi pour entretenir et perpétuer des systèmes alimentaires qui répondent à leurs besoins fondamentaux. Les femmes rurales en situation d’extrême pauvreté sont particulièrement touchées par les effets des chocs climatiques. Trop souvent, elles font déjà l’objet de discriminations dans l’accès aux ressources et à l’éducation mais aussi aux marchés dont elles ont besoin pour assurer leurs moyens d’existence agricoles. L’intensification des changements climatiques accentue ces inégalités systémiques et exacerbe les problèmes de longue date liés à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire et à l’injustice.

Une approche qui a fait ses preuves pour permettre aux populations rurales d’échapper à l’extrême pauvreté

Les changements climatiques menacent de plus en plus les populations rurales en situation d’extrême pauvreté, en particulier les femmes. En collaboration avec l’Initiative d’affranchissement de l’extrême pauvreté du Comité du Bangladesh pour le progrès rural (BRAC), le FIDA conçoit des programmes visant à donner aux femmes rurales des moyens d’existence résilients face aux chocs climatiques.

L’approche d’affranchissement de la pauvreté suivie par le BRAC est un moyen efficace de mieux répondre aux besoins des personnes laissées pour compte par les systèmes actuels. Cette approche consiste en une série d’interventions limitées dans le temps et axées sur les causes multidimensionnelles de l’extrême pauvreté. Ces interventions prévoient généralement les aspects suivants: mettre en relation des participants avec les systèmes de protection sociale; proposer des formations et certains actifs facilitant la création de revenus, ainsi qu’une éducation financière et un soutien à l’épargne; rendre les participants autonomes en impliquant les communautés.

Toutes les interventions sont flexibles et adaptées aux besoins locaux, et un accompagnement personnel contribue à leur succès. Elles sont menées principalement à l’échelle des ménages, les femmes étant généralement les principales participantes. Les ménages participants sont « diplômés » du programme après avoir satisfait à certains critères clés déterminés en fonction du contexte local.

Depuis son lancement au Bangladesh en 2002, l’approche d’affranchissement de la pauvreté a démontré son efficacité non seulement en donnant aux participants les moyens de se libérer de la pauvreté, mais aussi en améliorant leur qualité de vie bien après la fin des interventions. Des études ont montré que, plus de cinq ans après l’achèvement d’un programme d’affranchissement de la pauvreté au Bangladesh, 93% des ménages qui y avaient participé en tiraient encore des bénéfices à long terme.

Loise, une participante au programme de progression financière du PROFIT dans le comté de Kitui, au Kenya, a reçu une pompe à eau et une formation à l’irrigation de la part du Ministère de l’agriculture, en vue d’atténuer les effets des changements climatiques sur ses moyens d’existence

 

Renforcer la résilience face aux changements climatiques au Kenya et en Tunisie

La collaboration entre le FIDA et le BRAC donne déjà des résultats remarquables.

Au Kenya, les changements climatiques entraînent des sécheresses plus fréquentes et plus graves dans les régions orientales du pays, compromettant les moyens d’existence des agriculteurs locaux. Pour aider les femmes et les jeunes ruraux de la région à renforcer leur résistance à ces phénomènes et à d’autres chocs, le FIDA et le BRAC, en collaboration avec le Gouvernement kényan et deux organisations locales, ont créé le programme de progression financière dans le cadre du Programme de diffusion des innovations et techniques financières en milieu rural (PROFIT).

Parmi les nombreuses activités menées dans le cadre du PROFIT, des formations ont été organisées pour aider les participants à atténuer les risques qui pèsent sur leurs moyens d’existence, notamment grâce à des stratégies de gestion des sécheresses. Grâce au programme, les participants ont également appris à diversifier leurs revenus. Certains participants, par exemple, ont reçu des actifs et une formation supplémentaire en vue de gérer des magasins et des petites entreprises en complément de leur activité d’élevage (une activité agricole courante dans la région). D’autres ont reçu une aide pour installer et utiliser des systèmes d’irrigation sur leurs terres agricoles. Les participants au programme ont en outre été mis en relation avec les mécanismes de protection locaux existants, notamment le système de transferts monétaires d’urgence en cas de sécheresse.

À la fin de ce programme d’une durée de 18 mois, plus de 80% des ménages participants avaient augmenté le montant de leur épargne (en moyenne de 150 USD par participant) et avaient au moins deux sources de revenus, témoignant ainsi d’une meilleure résilience face aux chocs climatiques.

À compter de 2021, grâce à un nouveau partenariat avec le Gouvernement tunisien, le BRAC et le FIDA lanceront un nouveau programme d’affranchissement de la pauvreté qui tiendra compte dès le départ de la résilience face aux changements climatiques, afin de cibler les personnes en fonction de leur niveau de pauvreté et de leur vulnérabilité aux changements climatiques. En Tunisie, en raison des effets des changements climatiques, les populations rurales en situation d’extrême pauvreté ont souvent un accès très limité à l’eau potable et aux ressources naturelles, compromettant ainsi en permanence leur épargne, leur santé et leur sécurité alimentaire. Le programme visera principalement à aider les participants de ces groupes, notamment les femmes rurales, à renforcer leur résilience dans les domaines social, économique et environnemental.

Malheureusement, le besoin de programmes de ce type, qui s’attaquent aux questions transversales de l’extrême pauvreté, des moyens d’existence en milieu rural, de l’inégalité femmes-hommes et de la vulnérabilité climatique, continue de croître. Le FIDA et le BRAC sont déterminés à promouvoir des politiques et des programmes qui répondent aux besoins multidimensionnels des populations rurales pauvres et à intégrer un objectif de résilience dans toutes les activités de développement futures. Il faut d’urgence donner aux populations rurales, en particulier aux femmes en situation d’extrême pauvreté, les moyens de faire face à une aggravation des chocs climatiques.

 

Découvrez l’action du FIDA au Kenya et en Tunisie.


Steven Jonckheere est le spécialiste technique principal des questions de genre et d’inclusion sociale du FIDA. Nazia Moqueet est conseillère technique principale de l’Initiative d’affranchissement de l’extrême pauvreté du BRAC. Julie Kedroske est conseillère technique de l’Initiative d’affranchissement de l’extrême pauvreté du BRAC.